Poser une membrane élastomère comme l’Elastoseal Pro GS demande de respecter un ordre précis d’opérations, sous peine de créer des points faibles qui fuiront dans les mois suivants. Voici la méthode complète, du support jusqu’aux finitions, avec les gestes qui font la différence entre une toiture plate étanche pendant vingt ans et une réparation à refaire chaque hiver (à l’image des précautions décrites pour l’application d’une peinture façade hydrostop longue durée).
La méthode en bref pour poser Elastoseal Pro GS
La pose se déroule en cinq temps : préparer le support et vérifier son état, installer l’isolant et la sous-couche si nécessaire, dérouler la membrane en la laissant se détendre, souder ou coller les chevauchements au chalumeau, puis traiter les relevés et les évacuations. Chaque étape conditionne la suivante, et sauter une phase de contrôle est la cause la plus fréquente de sinistre sur une toiture plate.
Préparation de la surface et vérifications préalables

Avant toute intervention, la surface doit être débarrassée de ses gravillons, mousses et anciens résidus de bitume. Un support propre, sec et sans aspérité garantit l’adhérence de la membrane élastomère et évite les poches d’air qui apparaissent souvent sous une membrane posée trop vite.
Il faut ensuite contrôler la pente d’écoulement, l’état des relevés existants et la présence éventuelle d’humidité résiduelle dans le complexe isolant. Sur un support ancien en bitume, il convient d’abord de vérifier la nature des matériaux en place (voir comment reconnaître une plaque de fibrociment amiante avant travaux), puis un ponçage léger suffit généralement à retirer les particules non adhérentes avant l’application du primaire d’accrochage, indispensable pour que la nouvelle membrane fasse corps avec l’existant.
Pose de l’isolant et de la sous-couche

Quand la toiture nécessite une isolation, les panneaux (comme la laine de verre 120mm en rouleaux ou panneaux) se posent en quinconce, joints serrés, sur un support préalablement nettoyé. Un géotextile de désolidarisation est souvent glissé entre l’isolant et la membrane pour absorber les mouvements du support sans transmettre de contraintes à l’étanchéité.
La sous-couche, elle, sert de pare-vapeur et limite les remontées d’humidité qui pourraient dégrader l’isolant dans le temps. Sur un support en bois ou en béton poreux, cette étape ne se néglige pas : c’est elle qui protège l’ensemble du complexe d’étanchéité contre la condensation interne.
Déroulage et positionnement de la membrane Elastoseal Pro GS
La membrane se déroule à plat sur toute la longueur de la toiture, puis on laisse le temps au produit de se détendre naturellement pendant quinze à vingt minutes avant toute fixation. Cette étape de repos évite les tensions internes qui provoqueraient des plis ou des soulèvements après la pose.
Le positionnement se fait toujours dans le sens de la pente, en partant du point bas vers le point haut, pour que l’eau ne s’infiltre jamais sous un chevauchement. Un recouvrement d’au moins 8 à 10 centimètres entre chaque lé est la règle de base pour garantir une continuité d’étanchéité sans faille.
Fixation de la membrane : collage et soudure des joints
Deux techniques dominent pour fixer l’Elastoseal Pro GS : le collage à froid avec un bitume adapté, ou la soudure au chalumeau qui fait fondre la couche de surface pour souder les lés entre eux. La soudure reste la méthode la plus courante sur ce type de membrane élastomère, car elle crée une liaison homogène et durable entre les bandes.
Sur les supports fragiles ou en rénovation légère, une fixation mécanique par clous et rondelles peut compléter le collage, notamment en périphérie et sur les zones exposées au vent. Le lestage par gravier ou dalles reste une alternative sur les toitures accessibles, à condition que la structure porteuse le supporte.
Une soudure réussie se voit à un léger bourrelet noir et brillant qui ressort au bord du chevauchement une fois la flamme passée. Trop peu de chaleur laisse un joint friable, trop de chaleur perce la membrane : il faut avancer la flamme au même rythme que le rouleau de maroufleur pour rester régulier.
Maroufler pour chasser l’air
Après chaque passage de chalumeau, il faut maroufler immédiatement la zone chaude avec une spatule ou un rouleau pour chasser les bulles d’air et souder intimement les deux épaisseurs. Ce geste, souvent bâclé par manque de temps, est pourtant celui qui évite les cloques visibles quelques semaines après la pose.
Finitions : relevés, angles et raccords d’évacuation

Les relevés d’étanchéité en périphérie de toiture ou autour des acrotères se traitent avec des bandes découpées sur mesure, remontées d’au moins 15 centimètres au-dessus du niveau fini. Les angles rentrants et sortants demandent une pièce d’équerre spécifique, soudée séparément, car un simple pliage de membrane crée une zone de faiblesse à cet endroit précis.
Les évacuations pluviales méritent une attention particulière : la membrane doit être découpée en étoile autour de l’entrée d’eau, puis chaque languette soudée individuellement contre le corps de l’évacuation pour éliminer tout point d’infiltration. C’est souvent à cet endroit que se déclarent les premières fuites sur une toiture mal finie.
| Zone traitée | Point de vigilance |
|---|---|
| Chevauchements | Recouvrement minimum de 8 à 10 cm, soudure continue |
| Relevés d’acrotère | Remontée d’au moins 15 cm, bande découpée sur mesure |
| Évacuations | Découpe en étoile, soudure individuelle des languettes |
| Angles | Pièce d’équerre soudée à part, jamais pliée |
Erreurs à éviter et inspection finale
La faute la plus répandue reste de souder par temps humide ou trop froid : l’adhérence du bitume s’en trouve durablement affaiblie, même si le résultat paraît correct en surface le jour de la pose. Une seconde erreur classique consiste à négliger le sens de pose par rapport à la pente, ce qui inverse le sens naturel de l’eau au niveau des chevauchements.
Avant de considérer le chantier terminé, une inspection visuelle complète de chaque joint, relevé et raccord d’évacuation s’impose, idéalement par temps sec pour repérer les zones mal marouflées. Un contrôle à l’eau, en arrosant légèrement les points sensibles, permet de confirmer l’étanchéité avant que le support ne soit recouvert de gravier ou de dalles de lestage.





